Une cliente du Crédit Agricole a récemment perdu 19 200 € en quelques minutes, après un simple appel téléphonique. Le numéro affiché sur son écran était pourtant celui de sa propre banque. Cette arnaque redoutable, en pleine expansion en 2026, peut frapper n’importe quel titulaire de compte.
Un appel qui semblait parfaitement légitime
Ce jour-là, la victime reçoit un appel entrant. Le numéro correspond exactement à celui de son agence Crédit Agricole. Son interlocuteur se présente comme un conseiller bancaire, avec un ton professionnel et rassurant.
Il lui signale des mouvements suspects sur son compte. Pour « sécuriser » ses fonds, il lui demande de valider plusieurs opérations via son application bancaire. Sous la pression, la cliente s’exécute sans hésiter.
En réalité, chaque validation autorisait un virement sortant. En à peine quelques minutes, 19 200 € ont été transférés vers des comptes tiers contrôlés par les escrocs. Quand elle a compris la supercherie, il était déjà trop tard.
Le spoofing téléphonique : une technique redoutable
Cette méthode porte un nom : le spoofing. Elle permet aux fraudeurs d’usurper n’importe quel numéro de téléphone. Ainsi, même le numéro officiel d’une banque peut s’afficher sur votre écran alors qu’un escroc se cache derrière.
« Mon téléphone affichait bien le numéro de ma banque. Je n’avais aucune raison de douter. »
Par conséquent, ce piège est très difficile à détecter. Les fraudeurs disposent souvent d’informations personnelles glanées en amont, ce qui renforce leur crédibilité. Ils connaissent parfois votre nom, votre adresse, voire votre numéro de compte.
À lireCrédit Agricole lance une offre énergie pour particuliers: avantages réservés aux clients de la banqueDe plus, ils créent un sentiment d’urgence pour empêcher toute réflexion. La peur de perdre son argent pousse la victime à agir vite, sans prendre le temps de vérifier.
Une arnaque qui touche des milliers de Français en 2026
- Le spoofing permet d’afficher le numéro réel de votre agence bancaire.
- Les escrocs possèdent souvent des données personnelles volées en ligne.
- Aucune banque ne demande jamais de valider un virement par téléphone.
- Les victimes perdent en moyenne entre 5 000 et 20 000 € par attaque.
- Les signalements pour fraude au faux conseiller ont bondi de 78 % selon les autorités.
Ce type d’escroquerie ne cible pas un profil unique. Jeunes actifs, retraités, cadres ou artisans : tout le monde peut tomber dans le piège. Les fraudeurs adaptent leur discours à chaque cible avec une précision troublante.
En 2026, les plateformes spécialisées dans la cybersécurité bancaire enregistrent un nombre record de signalements. La sophistication des attaques progresse plus vite que les dispositifs de protection. Les autorités appellent donc à une vigilance permanente.
La banque verte n’est pas la seule enseigne visée. Pourtant, sa large base de clients en fait une cible privilégiée pour les réseaux de fraudeurs. Le Crédit Agricole compte en effet plus de 20 millions de clients particuliers en France.
Que faire si vous recevez un appel suspect ?
Le premier réflexe est simple : raccrochez immédiatement. Ensuite, rappelez votre agence vous-même, en composant le numéro figurant sur vos relevés ou sur le site officiel. Ne rappelez jamais le numéro qui s’est affiché lors de l’appel douteux.
Par ailleurs, aucun conseiller du Crédit Agricole — ni d’aucune autre banque — ne vous demandera de valider un virement ou de communiquer vos codes d’accès par téléphone. Ce principe reste la règle absolue, sans aucune exception.
Si vous avez un doute, bloquez votre carte et changez vos codes en ligne sans attendre. Déposez aussi un signalement sur la plateforme Perceval du ministère de l’Intérieur, dédiée aux fraudes bancaires.
Comment le Crédit Agricole accompagne les victimes
Après une fraude, la procédure de remboursement dépend de chaque situation. La banque examine si le client a été manipulé ou s’il a commis une « négligence grave ». Cette notion, souvent floue, reste source de litiges entre clients et établissements.
Dans le cas présent, la cliente a contesté les opérations et demandé un remboursement intégral. Le Crédit Agricole a ouvert une enquête interne pour analyser les transactions suspectes. Le dénouement de ce dossier reste à ce jour incertain.
À lireCrédit Agricole condamné à rembourser une cliente victime de fraude malgré la transmission de ses codesDésormais, plusieurs associations de consommateurs accompagnent les victimes dans leurs démarches. Elles rappellent que la banque a une obligation de sécurisation des moyens de paiement. En cas de refus de remboursement, le médiateur bancaire peut être saisi gratuitement.
Face à la montée de ces fraudes, des mesures techniques se déploient progressivement. Les opérateurs télécoms renforcent leurs filtres contre le spoofing. De son côté, le secteur bancaire investit dans des systèmes d’alerte en temps réel pour détecter les comportements inhabituels sur les comptes.
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