Les consommateurs français assistent depuis des mois à une hausse spectaculaire des prix du chocolat en rayon. Pourtant, les cours du cacao ont chuté de plus de 30 % depuis février 2025. Face à cette situation, Intermarché et Carrefour dénoncent publiquement des pratiques tarifaires qu’ils jugent abusives de la part de certains industriels.
Une guerre des prix éclate entre distributeurs et grandes marques
Le bras de fer est désormais ouvert. Les deux enseignes de grande distribution ont décidé de rendre publique leur opposition aux demandes de hausse formulées par plusieurs fabricants de chocolat. Ainsi, cette stratégie vise à alerter les consommateurs sur des pratiques jugées injustifiées.
Les négociations commerciales annuelles se déroulent habituellement dans la discrétion. Or, cette fois, Intermarché a choisi la transparence totale. L’enseigne pointe du doigt des demandes d’augmentation qui ne correspondent plus à la réalité du marché des matières premières.
De son côté, Carrefour a adopté une position similaire. Les deux groupes estiment que les industriels profitent d’un contexte devenu caduc pour maintenir des prix artificiellement élevés. Par conséquent, les consommateurs se retrouvent pris en étau.
« Ces hausses de prix demandées par les industriels ne sont plus justifiées au regard de l’évolution des cours du cacao »
Les cours du cacao en chute libre depuis février
La matière première a connu une année 2024 exceptionnelle à la hausse. En effet, le cacao avait atteint des sommets historiques en raison de mauvaises récoltes en Côte d’Ivoire. Désormais, la situation s’est totalement inversée.
À lireLeclerc et Intermarché rappellent du fromage pour croque-monsieur : des morceaux de plastique détectésDepuis février 2025, les cours ont plongé de plus de 30 % sur les marchés internationaux. Cette baisse significative devrait logiquement se répercuter sur les prix de vente au détail. Cependant, les industriels tardent à ajuster leurs tarifs à la baisse.
Dans le même temps, des produits comme la tablette Lindt Excellence 70 % restent proposés autour de 2,36 € en rayon. Ce chocolat noir haut de gamme illustre bien les tensions actuelles sur les prix pratiqués par les grandes marques.
- Baisse des cours du cacao de plus de 30 % depuis février 2025
- Demandes de hausse maintenues par certains industriels
- Alliance inédite entre Intermarché et Carrefour sur ce dossier
- Appel à la vigilance des consommateurs
- Négociations commerciales sous haute tension
Les consommateurs en première ligne de ce conflit commercial
Pour les familles françaises, cette situation est difficile à comprendre. D’un côté, elles entendent parler de la baisse des cours mondiaux. De l’autre, elles constatent que les prix en magasin ne diminuent pas. Cette contradiction alimente un sentiment d’injustice.
Intermarché affirme vouloir protéger le pouvoir d’achat de ses clients. L’enseigne refuse donc d’accepter des augmentations qu’elle considère comme déconnectées de la réalité économique. Cette posture place le distributeur en défenseur des intérêts des ménages.
Les achats de chocolat représentent un poste non négligeable du budget alimentaire. En période de fêtes notamment, les Français consomment en moyenne 7 kg de chocolat par an et par habitant. Ainsi, toute variation de prix impacte directement leur quotidien.
Par ailleurs, les marques de distributeur pourraient tirer leur épingle du jeu. Elles offrent souvent un meilleur rapport qualité-prix face aux produits de grandes marques. De plus, leur marge de manœuvre sur les prix reste plus importante.
Une stratégie de communication offensive des distributeurs
En rendant ce conflit public, les enseignes prennent un risque calculé. Elles espèrent ainsi faire pression sur les industriels tout en gagnant la confiance des consommateurs. Cette transparence inhabituelle marque un tournant dans les relations commerciales.
Intermarché utilise ce dossier pour renforcer son image de défenseur du pouvoir d’achat. L’enseigne des Mousquetaires se positionne clairement aux côtés des ménages. En revanche, les industriels restent pour l’instant silencieux sur ces accusations.
Les prochaines semaines seront déterminantes pour l’évolution des prix en rayon. Si les négociations échouent, certains produits pourraient disparaître temporairement des linéaires. Les consommateurs devront alors se tourner vers des alternatives.
Vers une nouvelle ère dans les négociations commerciales
Ce conflit illustre une évolution profonde des rapports de force entre distribution et industrie. Les enseignes comme Intermarché n’hésitent plus à médiatiser leurs désaccords. Cette stratégie était impensable il y a encore quelques années.
À lireIntermarché des Yvelines : le rayon boucherie fermé par le préfet après découverte de cadavres de sourisLes réseaux sociaux amplifient désormais chaque prise de position. Les consommateurs peuvent réagir instantanément et faire entendre leur voix. Par conséquent, les industriels subissent une pression inédite sur leur politique tarifaire.
Le secteur du chocolat n’est probablement que le premier concerné. D’autres catégories de produits pourraient connaître des tensions similaires dans les mois à venir. Les distributeurs ont trouvé une nouvelle arme : la communication directe avec les consommateurs.
Finalement, cette bataille commerciale met en lumière les mécanismes complexes de la formation des prix. Entre cours mondiaux des matières premières et prix en rayon, le chemin reste opaque pour le grand public. Intermarché et Carrefour tentent de lever une partie de ce voile.
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