Carrière longue : ces mères perdent leur retraite anticipée à un trimestre près dès septembre 2026

Un trimestre manquant peut tout changer. Découvrez si la réforme carrière longue retarde votre départ et comment vérifier votre situation.

Imaginez travailler depuis l’âge de 18 ans, élever vos enfants, puis découvrir qu’un seul trimestre vous prive de votre retraite anticipée. Cette situation pourrait toucher de nombreuses mères dès septembre 2026. Le dispositif carrière longue fait l’objet de modifications qui inquiètent des milliers de femmes en France.

Un changement majeur pour les mères ayant commencé tôt

La réforme des retraites de 2023 a modifié en profondeur les règles du départ anticipé. Désormais, les conditions d’accès au dispositif deviennent plus strictes pour certaines catégories de travailleurs. Les mères de famille sont particulièrement concernées par ces ajustements.

Jusqu’à présent, les trimestres attribués pour la maternité permettaient souvent d’atteindre le seuil requis. Pourtant, la nouvelle réglementation change la donne de manière significative. Certaines femmes perdront leur éligibilité à un trimestre près.

Cette situation crée une véritable injustice pour celles qui ont combiné vie professionnelle et charge familiale. De plus, ces travailleuses ont souvent accepté des emplois moins rémunérés pour concilier leurs responsabilités. Elles se retrouvent pénalisées deux fois.

« Des femmes ayant travaillé toute leur vie vont devoir attendre plusieurs mois supplémentaires avant de pouvoir partir, simplement parce qu’un trimestre manque dans leur calcul. »

Les trimestres maternité remis en question

Le cœur du problème réside dans le traitement des trimestres liés à la maternité. Ces périodes, autrefois pleinement comptabilisées, ne sont plus prises en compte de la même façon. Ainsi, le calcul pour la carrière longue exclut désormais certains de ces trimestres.

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Concrètement, une mère de deux enfants peut perdre jusqu’à huit trimestres dans son décompte. Par conséquent, son âge de départ recule de plusieurs mois, voire de deux ans. Cette modification affecte particulièrement les générations nées entre 1964 et 1972.

  • Les trimestres pour maternité ne comptent plus pour le seuil de début de carrière
  • Seuls les trimestres cotisés sont pris en compte avant 20 ou 21 ans
  • La durée totale de cotisation reste inchangée à 172 trimestres
  • Les mères de trois enfants ou plus sont les plus touchées
  • La date butoir de septembre 2026 marque l’entrée en vigueur complète

Septembre 2026 : une échéance décisive pour des milliers de femmes

La date de septembre 2026 représente un tournant pour de nombreuses travailleuses. À partir de ce moment, les nouvelles règles s’appliqueront pleinement. Celles qui espéraient partir avant devront revoir leurs plans.

Les personnes concernées n’ont parfois aucun moyen de compenser ce trimestre manquant. En effet, racheter des trimestres n’est pas toujours possible ni financièrement accessible. Certaines femmes devront donc continuer à travailler malgré leur usure professionnelle.

Par ailleurs, l’information circule encore mal auprès des principales intéressées. Beaucoup découvrent leur situation au moment de faire leur demande de retraite. Ce manque d’anticipation aggrave leur sentiment d’injustice.

Les syndicats alertent depuis plusieurs mois sur cette problématique. Ils demandent une révision des critères pour tenir compte de la réalité des parcours féminins. Pourtant, aucune modification législative n’est prévue à ce jour.

Comment savoir si vous êtes concernée ?

Vérifier sa situation personnelle devient indispensable pour éviter les mauvaises surprises. Le relevé de carrière disponible sur le site de l’Assurance retraite permet d’identifier les trimestres validés. Il faut distinguer les trimestres cotisés de ceux attribués pour d’autres motifs.

Ensuite, il convient de calculer le nombre de trimestres acquis avant l’âge de 20 ou 21 ans. Ce critère détermine l’accès au dispositif carrière longue. Sans les quatre ou cinq trimestres requis avant cet âge, le départ anticipé devient impossible.

Un rendez-vous avec un conseiller retraite peut aider à clarifier la situation. Ces professionnels peuvent simuler différents scénarios et identifier des solutions. En revanche, ils ne peuvent pas modifier les règles en vigueur.

Des solutions existent-elles pour les mères pénalisées ?

Face à cette situation, plusieurs pistes méritent d’être explorées. Le rachat de trimestres constitue une première option, bien que coûteuse. Son prix varie selon l’âge et le revenu, pouvant atteindre plusieurs milliers d’euros par trimestre.

Certaines femmes peuvent aussi vérifier si des périodes de travail n’ont pas été déclarées. Des erreurs administratives existent parfois dans les relevés de carrière. Corriger ces oublis peut faire basculer le calcul du bon côté.

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D’autres envisagent de prolonger leur activité pour atteindre le nombre de trimestres nécessaires. Cette option reste difficile pour celles qui exercent des métiers physiquement éprouvants. Le corps ne suit pas toujours la volonté.

Enfin, le cumul emploi-retraite partiel peut offrir une transition plus douce. Ce dispositif permet de réduire son temps de travail tout en percevant une partie de sa pension. Il ne compense pas totalement la perte, mais allège la charge. La réforme de la carrière longue continue ainsi de susciter des débats sur l’équité entre les parcours professionnels.

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