La question de l’égalité ne s’arrête pas à la porte du travail. Elle se lit aussi, très concrètement, sur le montant des retraites. Derrière chaque chiffre, il y a des années de carrière, parfois linéaires, souvent heurtées.
Pourquoi l’écart persiste entre femmes et hommes
Le constat est connu, mais il reste douloureux. Les femmes perçoivent en moyenne 27 % de pension en moins que les hommes. Cette différence reflète des carrières plus courtes et morcelées. Elle traduit aussi la charge des enfants et le temps partiel subi.
Ainsi, les interruptions liées à la maternité freinent la progression salariale. De plus, le temps partiel réduit la base de cotisation sur la durée. Les primes, fréquentes dans certains métiers masculins, pèsent davantage dans le calcul. En réalité, la mécanique est cumulative et pénalise doublement.
Le cumul avec la retraite complémentaire accentue parfois l’écart. En revanche, les majorations pour enfants et la pension de réversion atténuent partiellement le différentiel. Leur effet reste pourtant limité pour les nouvelles générations. La performance du système de retraites dépend donc aussi des trajectoires professionnelles amont.
« L’écart de pension raconte des années de vies professionnelles inégales. »
Ce que change la réforme de 2023
La réforme entrée en vigueur en 2023 a relevé l’âge légal à 64 ans. Elle allonge, par cap, la durée requise pour le taux plein. Elle revalorise le minimum contributif sous conditions. Ces leviers ne suppriment pas l’écart, mais ils le modulent.
À lirePensions de retraite: versements retardés pour des millions de Français, les caisses dévoilent les nouvelles datesPour certaines femmes, la mesure “carrière longue” demeure un filet. Pour d’autres, le recul de l’âge reporte le départ. En bref, l’impact dépend du nombre de trimestres validés, du salaire de référence et de la durée d’activité. Le débat reste vif car il touche des parcours très différents.
- 27 % d’écart moyen de pension entre femmes et hommes.
- Âge légal relevé à 64 ans avec la réforme.
- Minimum contributif renforcé, mais sous plusieurs conditions.
- Carrières hachées et temps partiel pèsent sur le calcul.
- Réversion et majorations atténuent partiellement l’écart.
Données clés et comparaisons internationales
Selon les comparaisons diffusées par des organismes publics et l’OCDE, la France se situe dans la moyenne haute des écarts de pension. L’ordre de grandeur tourne autour de 25 à 30 % dans plusieurs pays. Ici, l’écart affiché de 27 % reste tenace. Par conséquent, la réduction demande des mesures ciblées avant et pendant la vie active.
Les études nationales soulignent l’effet des métiers féminisés, moins payés et moins primes. Aussi, les plafonds, décotes et règles de validation des trimestres influencent le résultat final. Le minimum contributif réhaussé vise les carrières complètes au niveau du SMIC. Son accès, toutefois, varie selon la durée cotisée et les droits complémentaires.
Dans les complémentaires, la fin récente de certains malus temporaires a joué un rôle. Elle a fluidifié des départs et modifié des arbitrages. Néanmoins, le cœur de l’écart tient au salaire et à la durée cotisée. Le débat sur les retraites ne peut donc ignorer la qualité de l’emploi.
Des pistes pour réduire l’écart
Agir sur les salaires dans les secteurs à forte présence féminine est central. De plus, limiter le temps partiel subi change l’assiette de cotisation. Des droits familiaux mieux calibrés pour les congés parentaux peuvent aider. Par conséquent, la prévention de l’écart commence dès l’entrée sur le marché du travail.
Sur le plan individuel, il faut sécuriser les droits dès 40 ans. Désormais, vérifier son relevé de carrière chaque année est un réflexe utile. La surcote et les rachats ciblés restent des leviers possibles. Une épargne dédiée peut compléter, sans se substituer au cœur des retraites.
Se préparer, individuellement et collectivement
L’anticipation fait la différence, surtout en cas de parcours heurté. Ainsi, la tenue d’un dossier de carrière à jour évite des surprises. Gardez contrats, bulletins et attestations de chômage ou maternité. En cas de doute, sollicitez une rectification précoce.
Pour les couples, la stratégie patrimoniale compte. En revanche, les règles de réversion diffèrent selon les régimes et la situation familiale. Un mariage n’a pas les mêmes effets qu’un PACS ou une union libre. Mieux vaut s’informer tôt pour éviter des angles morts.
À lireRetraites : Budget 2026 en France promet la stabilité, mais des zones d’ombre subsistentLes entreprises ont un levier puissant sur l’égalité salariale et la progression. Aussi, la formation tout au long de la vie sécurise la fin de carrière. Le partage du congé parental limite les ruptures unilatérales. À ce prix, l’écart se réduit et l’équité progresse jusqu’aux retraites.
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