Inflation en repli, taux qui bougent, priorités de budget: vos livrets d’épargne entrent dans une nouvelle phase. En 2026, l’arbitrage entre sécurité et rendement se jouera différemment. Ainsi, nous faisons le point avec des repères concrets et vérifiables.
2026 se profile: ce que la formule des taux laisse prévoir
Désormais, le taux du Livret A est revu deux fois par an, au 1er février et au 1er août. La Banque de France propose un niveau selon l’inflation et les taux du marché. Le gouvernement peut, en dernier ressort, s’en écarter légèrement. Cela influence l’ensemble des livrets d’épargne réglementés.
Si l’inflation converge vers 2 %, la formule donne des taux plus bas. Pour autant, un maintien transitoire est possible selon les arbitrages publics. De plus, les taux monétaires influencent aussi le calcul. En bref, le résultat dépendra du duo inflation–marchés.
Pour les ménages, la tentation est grande de compter sur un rendement inchangé. Pourtant, les chiffres récents incitent à la prudence. Aussi, il faut raisonner en rentabilité nette et en cap de trésorerie. Sans promesse, vos livrets d’épargne ont peu de chances de battre durablement la hausse des prix.
« Mieux vaut raisonner en net et en objectifs, pas en promesses de taux. »
Livret A, LEP, LDDS: mécanisme, plafonds et fiscalité
Le Livret A est liquide et défiscalisé, avec un plafond de 22 950 €. Le LDDS suit la même fiscalité, avec un plafond de 12 000 €. Par rapport aux livrets d’épargne classiques, le LEP cible les revenus modestes et offre un taux plus élevé. Les intérêts de ces trois produits sont exonérés d’impôt et de prélèvements sociaux.
À lireFacture d’électricité : l’astuce ADEME pour économiser jusqu’à 10 %Le LEP est réservé selon le revenu fiscal de référence, mis à jour chaque année. En revanche, son plafond reste de 10 000 € hors intérêts. D’ailleurs, de nombreux foyers éligibles ne l’ont pas ouvert. Un simple justificatif fiscal suffit souvent à débloquer la situation.
- Vérifiez votre éligibilité au LEP auprès de votre banque.
- Priorisez les versements jusqu’aux plafonds des produits défiscalisés.
- Arbitrez entre Livret A/LDDS pour la trésorerie et PEL pour un projet.
- Calculez toujours le net après PFU sur les produits imposables.
- Programmez vos dépôts avant le 1er février et le 1er août si utile.
Combien pourriez-vous gagner en 2026? Trois scénarios chiffrés
Si l’inflation glisse vers 2 % et que la formule s’applique, le Livret A pourrait se caler dans une zone basse. Par exemple, sur 10 000 € placés un an: à 2,00 %, environ 200 € d’intérêts; à 2,50 %, près de 250 €; à 3,00 %, autour de 300 €. Ces chiffres illustrent simplement des ordres de grandeur, pour ces livrets d’épargne sécurisés.
Le LEP suit l’inflation avec une prime. Ainsi, si les prix restent proches de 2–2,5 %, son taux pourrait demeurer supérieur au Livret A. Sur 5 000 €, à 3,50 %, comptez environ 175 €; à 4,00 %, environ 200 €. Vos livrets d’épargne ne réagissent donc pas tous de la même façon à la décrue des prix.
Le PEL fonctionne différemment: son taux est fixé à l’ouverture. Depuis 2024, un PEL neuf sert 2,25 % brut, imposé au PFU de 30 %. Par conséquent, le net ressort autour de 1,58 %. Sur 20 000 €, cela donne environ 316 € nets sur un an, hors prime de prêt.
PEL: taux figé, fiscalité et choix d’ouverture
Contrairement aux livrets d’épargne, le PEL vise un projet logement et s’inscrit dans le temps. Son taux est stable, mais la contrepartie est une liquidité réduite. En effet, des retraits partiels ne sont pas possibles. En revanche, il peut procurer des droits à prêt à un taux connu.
Pour les PEL ouverts avant 2018, l’impôt sur le revenu ne s’applique qu’à partir de la 12e année. Les prélèvements sociaux restent dus chaque année. Ensuite, la fiscalité bascule selon l’âge du plan et la réglementation en vigueur. Ainsi, un audit de votre PEL “historique” peut éviter une mauvaise surprise.
Que faire dès maintenant pour préparer 2026
Commencez par sécuriser un matelas de 3 à 6 mois de dépenses courantes. Le Livret A et le LDDS conviennent à cette réserve. Ensuite, le LEP vient en priorité si vous y avez droit. Ainsi, la partie court terme reste disponible et défiscalisée.
Répartissez les dépôts selon vos horizons. D’abord le LEP, puis le Livret A, puis le LDDS si besoin. Pensez aux dates clés du 1er janvier, du 1er février et du 1er août, car elles peuvent influer sur le rendement ressenti. De plus, limitez l’argent qui dort sur le compte courant.
À lirePension retraite: le montant idéal pour vivre seul en France en 2026, selon les expertsMettez en place un virement mensuel, même modeste, pour garder le cap. Surveillez l’inflation et comparez-la au rendement net de vos livrets d’épargne. Par ailleurs, un peu de diversification prudente peut stabiliser le couple rendement/risque. Donc, ajustez vos versements en fonction de vos projets et de votre besoin de liquidité.
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